6 Oct 2011
Marouane HARMACH

Intikhabates : Plus rien ne sera comme avant ! (1/2)

Le printemps arabe est passé par là, le contexte marocain a été touché à l’instar des autres pays par ce souffle de contestations populaires qui a envahit le monde arabe.

Toutefois, certaines spécificités propres au Maroc sont constatées, notamment le caractère non violent et globalement « réformiste » des contestations…. Mais ça, c’est un autre sujet.

L’onde de choc de ce mouvement de contestations a profondément touché les structures politiques et institutionnelles, notamment les structures partisanes. mais en apparence seulement.

Avant d’aller plus loin, il est important de rappeler le contexte politique partisan actuel :

  • Un paysage globalement atone et sclérosé : A travers des partis coupés des bases populaires et englués dans des calculs électoralistes ,

  • Une élite politique ayant dépassée sa date de péremption,

  • Des échéances électorales (et des réformes politiques ) imposées par la rue et les contestations,

  • Une absence total des débats sur les programmes des partis ( à J-55, aucun parti n’a encore présenté le début du commencement d’un programme politique),

  • Une rupture consommée entre les élites politiques et « intellectuels » et l’ensemble des masses populaires,

  • La prépondérance des lobbies économiques et des relations clientélistes dans la gestion de certains  dossiers qui engagent l’avenir du pays,..

Et puis, un coup de poker digne des années 70-80, à travers une pseudo-alliance entre huit partis de gauche, de droite, d’islamistes et de syndicalistes dissidents.

Ce regroupement baptisé « Alliance pour la démocratie » (APD)  à quelques jours des échéances électorales a perturbé la scène politique et a été clairement perçu comme une tentative de couper la route aux islamistes du PJD et accessoirement à l’USFP qui a gardé sa capacité de « nuisance » grâce à sa base de jeunes et de militants en désaccord avec certains choix de l’appareil partisan et de ses leaders politiques.

Dans ce contexte de marasme politique, en tant que citoyen, il est légitime de se poser la question : Et après ? les élections et l’élite qui en découlera sera-elle capable de mener des réformes profondes ? Sera-t-elle capable de faire une rupture profonde avec les pratiques du passé ?

Pour ma part, je n’ai de réponse à cette question. Etant profondément optimiste et espérant que le bon sens l’emportera pour le bien du pays.

Mais je suis conscient que cette posture « bisounoursisite » des choses n’a jamais résolue des problèmes surtout face à des intérêts et des enjeux profondément ancrés dans certaines franges de la société qui détiennent des privilèges et/ou des pouvoirs.

Je ne sais pas encore…

TO BE CONTINUED...
* Intikhabates : élections, hashtag utilisé pour les débats sur twitter #intikhabates

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5 Commentaires

  • Cher Marouane,
    Je comprends tout à fait ton inquiétude et ta lecture de la situation. Néanmoins, j'aimerais préciser certains éléments :
    -Je crois que cette alliance apporte une forme de clarification en dépit de son caractère incohérent. Nous avons maintenant tous les partis d'administration qui répondent à un agenda bien déterminé dans un camp. On pourrait imaginer que cela va conduire à une forme de repositionnement sachant qu'avant le 20 février un parti comme l'USFP étudiait la possibilité de s'allier avec le PAM à travers Lachgar ( selon des membres du PAM )
    – Est-ce que ces élections apporteront du changement ? Personnellement, je ne crois pas car on ne peut pas faire du neuf avec du vieux. Leur caractère précipité ne facilitera pas les choses. Mais est-ce que c une fatalité ? Je ne crois pas. Nous sommes dans une phase de re-politisation de la jeunesse et de la société. Cette phase est pour moi importante, car dorénavant rien ne pourra se passer comme avant en raison de la vigilance citoyenne. Aussi, je reste convaincu que dans les mois qui viennent des initiatives se créeront pour que des personnes comme toi qui sont des citoyens actifs participent à cette dynamique sans renoncer à leurs principes.
    En conclusion : en politique il ne faut pas céder à la dictature de l'instant. Il y a des temps courts et des temps longs. Le temps court est difficile à saisir, mais je crois que le temps long nous réserve des agréables surprises car dorénavant la démocratie est irrévocable, il faut suivre le vent ou le vent emportera celui qui fait preuve de résistance …
    Amicalement
    G.B.

  • L'histoire de 2003 et de 2007 se repète !
    L'instigateur est le même, mais les héros changent, aujourd'hui, c'est le basketteur aux 8 points !
    J'ai entendu Mezouar s'expliquer sur les motivations de cette Alliance sur 2M le soir de cette alliance :
    Comment Mezouar pourrait nous convaincre que le monde d'aujourd'hui n'est pas basé sur les idéologies mais plutot sur les programes…Si c'est le cas, pourquoi rester sur la composition de 8 partis, Autant mettre un seul parti 🙂

    Jalil El Outmani,

  • c'est le jeu de la politique..juste une lutte d'intérêts..dans l'arène de la démocratie qui permet tous au nom de la liberté.

  • Merci de l'information jaime beaucoup .. merci pour ton travail

  • je souscris entièrement au contenu de ce billet qui a bien mis en évidence les carences de l'actuelle élite politique partisane marocaine.
    J'ajouterais que: tant qu'on reprend les mêmes et on recommence, tant qu'on feint d'ignorer l'onde de choc générée par le souffle du fameux printemps, tant que nos acteurs politiques n'adaptent pas leurs modes opératoires en divers domaines, et tant que la jeunesse de notre pays éprouve toujours des difficultés pour accéder à la gestion de la chose publique, les conséquences risquent d'être désastreuses, sans rapport aucun avec les aspirations légitimes et les exigences de l'heure.
    Mtamid.

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